Génération Z : Apprentis fascistes ?

Les héritiers du G.R.E.C.E ont malheureusement lu et compris Gramsci et force est de constater que jamais l’extrême droite française n’a autant régné sur le plan culturel. L’illustration la plus criante de cette hégémonie est sans contestation possible l’achat par Bolloré d’un empire médiatique lui permettant d’y déverser son idéologie fascisante et réactionnaire. Nous vous encourageons vivement, à ce propos, à aller jeter un œil au « collectif stoppons Bolloré » : https://www.stopbollore.fr/

Pour parfaire son offensive, il s’est doté d’un pantin dorénavant candidat à l’élection présidentielle en la personne d’Éric Zemmour.

Ce laquais fascisant aura su ces derniers mois se créer un impressionnant réseau de soutiens. Et c’est ainsi qu’ont fleuri, avant même l’annonce officielle de sa candidature, des comités militants un peu partout en France. Créée en Avril 2021, « Génération Z » est le nom que se sont trouvés les apprentis fascistes ayant décidé de militer pour le « journaliste » vedette de Cnews.

L’Aquitaine et Bordeaux n’échappent pas à cet effet de mode. En mai 2021, différents comptes Génération Z Aquitaine sont créés sur Twitter, Instagram ou encore Facebook leur permettant depuis de communiquer sur à peu près tout ce qui pourrait s’apparenter à une action militante : collages nocturnes, tractage aux Chartrons…

Difficile de donner une image précise des personnes militant au sein de Génération Z Aquitaine tant l’immense majorité est composée de nouveaux venus, sans passé militant ni culture politique. On retrouve toutefois quelques têtes connues pour chapeauter tout ça, anciens adhérents des républicains, du RN ou encore de l’Action Française. C’est au sein de cette dernière, organisation royaliste et antisémite, que certains ont fait leurs classes. C’est le cas par exemple de Luca Cisilotto, que l’on retrouve en train de tracter avec l’AF quelques mois seulement avant la création de GZ.

Bérénice Schuppert, militante active de GZ à Bordeaux était à l’origine une fervente défenseuse de la cause LGBTQI. C’est donc en toute logique qu’elle s’investit aujourd’hui dans la campagne d’un candidat misogyne, homophobe et LGBTQIphobe.

On a récemment vu les “bikers” néo-nazis du « Tovtatis Clan », via leur boîte « Drakkar Protection Sécurité », assurer le service d’ordre d’une réunion du parti de Zemmour dans la salle Son-Tay dans le quartier Belcier, le 19 février dernier à Bordeaux. On notera au passage que Diederik Meynier entretient toujours une relation étroite et amicale avec la maréchaussée locale.

En parcourant leur compte Instagram, on trouve également des images de soirées aussi diverses que variées où il semblerait que la prise de photo soit obligatoire dès lors que ces jeunes gens se retrouvent à plus de cinq en un même lieu. Assez étonnant pour un groupe se définissant comme une organisation politique qui prétend accéder au pouvoir en se présentant aux futures élections présidentielles puis législatives. Passer une soirée à Bordeaux sans finir aux urgences doit être un fait suffisamment remarquable pour que Génération Z Aquitaine juge nécessaire de le partager sur ses réseaux.


Ici au HMS PUB à côté de la Victoire, où GZ y a ses habitudes tout comme au Connemara Irish Pub entre autres.

Cette tendance à la photo assortie de poses virilistes typées hooligan est très à la mode au sein de la galaxie virtuelle d’extrême droite. On ne présente plus aujourd’hui « Ouest Casual », le canal Telegram néo-nazi rémo-parisien qui recense à peu près tout ce qui s’apparente de près ou de loin à une action de l’extrême droite européenne. Un phénomène qui a largement dû influencer les néo-militants qui composent Génération Z Aquitaine avec la récente diffusion de cette photo de groupe sobrement titrée « Canailles Bordeaux Hooligan » à laquelle s’ajoute les saluts à trois doigts, symboles des nationalistes serbes et également utilisés comme variants du salut nazi.


Augustin Meynard (numéro 2), un des représentants de GZ Aquitaine s’amuse avec Henri (numéro 3), Luca Cisilotto et ses copains à jouer aux « « hooligans » ».

Augustin Meynard qui est lui aussi un représentant de cette bourgeoisie qui s’encanaille au sein du nouveau mouvement de Zemmour :
https://www.sudouest.fr/2011/11/18/les-meynard-un-siecle-de-vins-dans-leurs-filets-556506-713.php?nic

Pour qui connait un minimum la réalité des rapports de force existants dans la capitale girondine, voir ces jeunes bourgeois suivre la mode du regroupement virilo sera l’occasion de sourire un peu. Il parait en effet bien audacieux de vouloir jouer aux hooligans sur Bordeaux lorsque l’on n’a, comme les génies de cette « Génération Z », strictement aucune expérience du terrain et la peur au ventre lorsqu’on s’y aventure.


Extrait tiré du livre « Au cœur du Z » de Vincent Besson

 

En définitive, GZ n’est rien d’autre qu’une auberge espagnole permettant d’agglomérer tout ce que le camp réactionnaire compte de plus rance dans ses rangs. Et si leur capacité à tenir la rue dans la cité du Port de la Lune est proche du néant, le véritable danger se situe bien au niveau national sur le plan électoraliste. La candidature Zemmour s’inscrit dans le mouvement de recomposition en œuvre depuis plusieurs années au sein des droites françaises et le récent ralliement de Marion Maréchal constitue une étape supplémentaire vers ce qui pourrait vite devenir dans les prochains mois une guerre pour l’hégémonie au sein des droites avec l’historique Rassemblement National. Il nous faudra surveiller avec la plus grande attention ce qui en résultera.

D’ici là, sur Bordeaux, il n’appartient qu’à nous toutes et tous de faire en sorte que la peur reste dans leur camp.